Les trois autres groupes de facteurs nocifs

img_05_2e_groupe.pngSecond groupe : il comprend les facteurs caractéristiques du milieu de travail : poussières, gaz, vapeurs, fumées (par exemple poussières de silice, d’amiante, vapeurs de benzène, gaz de sulfure, de carbone, fumées d’acides), les radiations ionisantes (rayons X, isotopes, etc.), les vibrations et d’autres facteurs qui doivent être considérés dans ce groupe par rapport aux problèmes généraux qu’ils posent.

Le nombre de substances nocives que l’on peut aujourd’hui trouver dans les milieux de travail a augmenté ces dernières années de façon vertigineuse et continue à augmenter à un rythme toujours plus rapide. Aux substances nocives traditionnelles telles que la silice, l’amiante, le plomb, le mercure, le benzène etc.. dont la concentration tend à diminuer s’ajoute une énorme quantité de nouveaux produits chimiques de synthèse.

L’identification selon le modèle d’analyse proposé des facteurs du second groupe est lié à la nécessité que le groupe d’ouvriers ou de travailleurs qui souhaite œuvrer pour assainir son milieu de travail connaisse le processus de production, tant en ce qui concerne les substances employées qu’en ce qui concerne les produits qui se forment en cours de production.

Les organes sensitifs, l’odorat en particulier, peuvent être un premier instrument de signalisation, mais ils ne sont absolument pas suffisants.

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Troisième groupe : le travail physique tend en général à diminuer tandis qu’augmente le travail nerveux et mental. Il est mesurable en termes de déperdition de calories et ses effets nocifs potentiels sont liés à la production de fatigue et à l’augmentation du degré de nocivité des facteurs du second groupe (devoir produire des efforts dans un milieu à forte concentration de poussières augmente la quantité nocive absorbée, à cause de l’hyperventilation générée par l’effort).

La fatigue est en général toujours à la fois physique et mentale, car la concentration mentale et la tension émotive accompagnent toujours l’effort physique prolongé, et la fatigue nerveuse et mentale a toujours des conséquences sur le rendement musculaire. La fatigue due à une activité physique ou musculaire apparaît plus rapidement quand la contraction du muscle est de type statique, c’est à dire ne comporte pas de mouvement (par exemple : tenir une charge à bout de bras sans bouger).

Il est donc difficile de distinguer nettement dans la fatigue musculaire la fatigue due au travail dynamique, qui comporte des mouvements, de celle liée à des postures pénibles qui demandent un travail musculaire de type statique.

L’activité musculaire demande un certain temps de mise en train qui est en rapport avec la fatigue causée par le travail, et avec l’entraînement.

Le travail physique est cause d’une fatigue qui, jusqu’à un certain point, peut être considérée comme normale, c’est à dire physiologique. Au-delà de cette limite, elle devient excessive, c’est à dire pathologique. La définition de la limite entre fatigue physiologique et fatigue pathologique est on ne peut plus difficile à déterminer parce que conditionnée par d’innombrables facteurs.

Cependant, il est intéressant de souligner que la fatigue physiologique comporte, après le repos nocturne, une sensation de bien-être ; le repos nocturne devrait être suffisant pour compenser la fatigue du jour précédent.

Dans le cas de la fatigue pathologique, le repos nocturne est insuffisant pour récupérer, il se produit une accumulation de fatigue résiduelle. La fatigue pathologique peut être considérée comme la conséquence ultime d’une situation du milieu où la capacité d’adaptation de l’individu est dépassée.

La validation par consensus du groupe d’ouvriers ou de travailleurs concernés par la définition des limites à ne pas dépasser dans le cas de la fatigue physique est un élément indispensable qui a au moins la même importance que celui de la charge supportable mesurée en calories.

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Quatrième groupe : il comprend les facteurs nocifs autres que physiques et capable de provoquer la fatigue, par exemple la monotonie, les rythmes excessifs, l’exploitation maximale du temps de travail, la répétitivité, l’anxiété, les responsabilités, les postures pénibles, etc.

Cet ensemble de facteurs nouveaux naît de l’organisation dite scientifique du travail (O.S.T.). En effet, dans ce type d’organisation, toute liberté d’initiative du travailleur est jugée indésirable, les temps, les rythmes d’exécution et les pauses étant déterminées à l’avance. Quand les industries se mécanisent, le travailleur est transformé en un simple appendice de la machine. Il est contraint à un rôle de pure exécution.

Là où s’applique la parcellisation et la simplification des opérations, le travailleur est contraint à assumer une position déterminée sur son lieu de travail et à exécuter une série de gestes prédéterminés, à une rapidité d’exécution déterminée.

La prédétermination des mouvements avait été présentée, à l’époque de Taylor, comme une « économie d’énergie ».

Il est maintenant universellement reconnu que le travail cadencé, à des rythmes prédéterminés contraint le travailleur à exécuter des mouvements définis et identiques, dans des temps fixés à l’avance, et cela en opposition avec les cadences spontanées du comportement individuel, et avec le « temps individuel » caractéristique de la personnalité.

Ce type de travail, non seulement exclut la participation consciente du travailleur, mais provoque aussi une fatigue difficilement « récupérable », que l’on ne peut rapporter à une cause d’origine physique mais psychique. Les effets d’une telle fatigue, qu’on appelle la « fatigue industrielle", ont une incidence profonde sur la santé physique et psychique du travailleur.

Il n'est possible de définir que par élimination cet ensemble hétérogène de facteurs appelés dans la terminologie contractuelle les "facteurs propres à provoque la fatigue", et qu'il faut distinguer de la fatigue physique.

Les "facteurs propres à engendrer de la fatigue" ne doivent pas dépasser le seuil représenté par la possibilité pour l'homme de vivre une vie sociale complète à l'intérieur ou à l'extérieur de l'entreprise, dans le cadre des 24 heures, de la semaine, de l'année et de la vie entière.