Les TMS (troubles musculosquelettiques) et la cadence

 

30629516_m.jpgDepuis une vingtaine d’année, les T.M.S. ( troubles musculo-squelettiques) sont devenus un thème récurrent dans la littérature évoquant les conditions de travail et la santé.

Il existe de nombreux outils d'analyse du travail plus ou moins sophistiqués pour trouver l’origine des T.M.S. Cependant, il nous semble qu’aucun d’eux ne soulève la question des rythmes et des cadences de travail.

En effet, l’une des variables d’ajustement les plus importantes des entreprises capitalistes, qui toutes s’inspirent de l’organisation taylorienne, est la vitesse de réalisation du travail. Plus les actions peuvent être effectuées vite, plus le travail est intense, plus ces entreprises pensent qu’elles sont productives. Bien évidemment, elles ne tiennent pas compte des dépenses RÉELLES liées aux atteintes à la santé dans le chiffrage de la productivité.

Or, il existe des connaissances en physiologie du travail qui tendent à montrer que la vitesse d’exécution a un effet sur la contraction musculaire. Il existe à ce jour, peu de physiologistes du travail connus du monde syndical. Dans les années 1980, au Conservatoire National des Arts et Métiers, et plus précisément dans le département d’ergologie et de neurophysiologie du travail, Antoine Laville et ses collègues, dont Catherine Teiger, psychologue du travail, avaient construit un corpus de connaissances extrêmement intéressant sur l’activité humaine au travail. A cette époque, le titulaire de la chaire d’ergonomie était le professeur et médecin Alain Wisner.

Nous en donnons ici un exemple.

La tâche consiste, en laboratoire d’études ergonomiques (nous verrons dans un autre article que l’équipe de chercheurs d’Alain Wisner avaient découvert que le meilleur terrain d’étude des conditions de travail était le lieu de travail réel) à pointer avec un stylet, un certain nombre de trous percés dans une plaque qui est placée devant l’opérateur ou l’opératrice.

Il s’agit de pointer dans une première séquence du test, 50 trous par minute, puis dans une seconde séquence, 125 trous par minute.

Trois sortes de variablimg_centrale_427-a.pnges sont observées :

- la vitesse d’exécution et son incidence sur la distance oeil-tâche (la distance de l’oeil à la plaque) ;

- la vitesse d’exécution et la variation de l’electromyographie (E.M.G.) des muscles de la nuque (plus un muscle se fatigue, plus la valeur de l’E.M.G. augmente) ;

- la vitesse d’exécution et son incidence sur le nombre de clignements de l’oeil (qui cherche à humidifier la conjonctive)

Il est constaté, sur la figure du milieu, que PLUS LA CADENCE AUGMENTE, PLUS L’E.M.G AUGMENTE.

On peut en tirer la conclusion que la cadence a une incidence sur la crispation des muscles, et construire des hypothèses à vérifier, pour relier les rythmes de travail à l’appartition des TMS.