Agir pour la santé au travail : identifier les facteurs nocifs classés par groupes

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L’identification des facteurs nocifs était structuré sur un langage commun aux travailleurs et aux médecins généralistes ou du travail. Voici maintenant la grammaire de ce langage, tel qu’il est développé dans le document original de la Dispensa.

D’abord, identifier le système ou l’organisation, à partir de ce modèle simple mais pertinent ; des éléments entrent dans le milieu de travail, qui est le creuset où ils se combinent de diverses manières, puis d'autres éléments en sortent.

En s'intéressant plus particulièrement aux atteintes à la santé, les groupes de syndicalistes qui travaillaient avec Ivar Oddone et les autres médecins qui oeuvraient dans l’amélioration de la santé au travail en sont venu à classer les facteurs nocifs en quatre groupes.

Remarquons au passage que ce travail en commun entre des ouvriers, des syndicalistes et des médecins s’est effectué au sein d’une sorte de communauté scientifique dite élargie, car elle faisait se rencontrer les connaissances que les médecins avaient appris à l’université et en faculté de médecine, et les savoirs d’expérience que les ouvriers avaient construits en réfléchissant à longueur de journée à leur travail. Les connaissances des uns et les savoirs des autres étaient considérés sur un même pied d’égalité.

Le langage de discussion entre les membres de ces communautés scientifiques élargies était constitué non seulement des paroles échangées mais aussi de schémas de postes de travail, d’ateliers, sur lesquels il était plus facile de discuter à plusieurs autour d’un établi, d’une table ou d’un bureau.

Maintenant, abordons la description imagée des quatre groupes de facteurs.

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Premier groupe : les facteurs présents également dans le milieu où l’homme vit en dehors de son travail (dans les maisons d’habitation) : lumière, bruit, température, ventilation, humidité. Ces facteurs se caractérisent de la façon suivante : pour chacun d’eux, il existe une fourchette de valeurs optimales, dans laquelle l’homme trouve sa condition de bien-être. Les facteurs de ce groupe peuvent être mesurés avec des moyens objectifs, c’est à dire avec des instruments : la quantité de lumière peut-être mesurée avec un luxmètre, le contraste et les sources d’éblouissement peuvent se mesurer avec un luminancemètre, le sonomètre rend compte de la puissance et de la fréquence des ondes sonores, le thermomètre et l’hygromètre sont nécessaires pour mesurer la qualité de l’air : température, hygrométrie, alors que la vitesse de l’air (courants d’air) est mesuré avec un anémomètre (très sensible s’il s’agit d’un modèle à fil chaud).

L’identification de ces facteurs ne comporte évidemment pas de difficultés de la part des ouvriers. Même l’évaluation de l’intensité de ces facteurs peut être faite, au moins de façon approximative, par un groupe d’ouvrier qui souhaiterait évaluer son milieu de travail.

Il est en effet évident que la présence et l’intensité d’un bruit ou d’une température excessive sont directement identifiables par les moyens sensoriels de l’homme (nos cinq sens sont d’excellents capteurs et outils d’évaluation). Le premier groupe de facteurs peut être identifié et évalué dans le milieu de travail comme dans une habitation, considérée comme plus ou moins confortable selon précisément son exposition à la lumière, la présence ou l’absence de bruit, d’humidité excessive et d’une température trop élevée ou trop basse.

Pour ces facteurs, on peut négocier des valeurs maximales acceptables de concentration (M.A.C. - massimi accettabili di concentrazione - dans le texte italien de la Dispensa) au-delà desquelles le milieu de travail ne peut être considéré comme approprié.

Le groupe d’ouvriers ou de travailleurs qui se donnerait pour objectif d’évaluer son milieu doit confirmer ou non sa tolérance aux caractéristiques d’ambiance physique, en élaborant un consensus ou non (selon la règle de validation par consensus).

Comme point de référence, il faut pourtant se servir des publications scientifiques valides, dont on doit pouvoir tirer des valeurs limites au-delà desquelles le milieu de travail doit être considéré comme inadapté aux êtres humains