Analyse du travail

Analyser le Travail

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L’article 8 du Préambule de la Constitution française du 27 octobre 1946 stipule que « Tout travailleur participe, par l'intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu'à la gestion des entreprises. ».

S’il est bien question de participer à la gestion des entreprises, la question est : comment faire ?

La construction de la santé des travailleurs passe par la coopération incontournable de ceux-ci au sein de communautés scientifiques élargies

 

La majeure partie de ce texte et les dessins sont tirés du document italien appelé La Dispensa.

L’analyse du travail ne peut faire l’économie d’une réflexion sur ce qu’est un système, une organisation. Comme il n’est pas possible de rendre compte simplement de la complexité du réel, alors on simplifie sa représentation. On dessine un ou plusieurs schémas du système ou de l’organisation que l’on étudie.

Mais ce « modèle » doit quand même rester fidèle au réel que l’on observe.

C’est ce raisonnement qui a guidé les syndicalistes italiens et Ivar Oddone, médecin et psychologue du travail, lorsqu’ils créent dans les années 1970 des méthodes d’analyse des effets du travail sur la santé.

La pratique d’Ivar Oddone et de ses collectifs, testée sur des dizaines d’années, était contenue toute entière dans ces trois règles :

Des syndicalistes, un médecin… et la Santé

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Introduction

Février 2010 : un rapport fait à la demande du Premier ministre a pour titre : Bien-être et efficacité au travail – 10 propositions pour améliorer la santé psychologique au travail. Ce document de 19 pages est présenté par Henri Lachmann, président du conseil de surveillance de Schneider Electric, Christian Larose, Vice-président du Conseil économique, social et environnemental, Muriel Pénicaud, directrice générale des ressources humaines de Danone.

Février 2016 : la publication « Insee Première n° 1854 » déclare que : Les hommes cadres vivent toujours 6 ans de plus que les hommes ouvriers.

Samedi 23 septembre 2017 : cinq ordonnances sont publiées au Journal Officiel, dont celle qui supprime les CHSCT. La ministre du travail est une ancienne DRH de Danone…

Tout ceci pour dire que si les ouvriers et tous les exploités du monde du travail ne se remettent pas à penser par eux-même à leur avenir, à leur santé et à celle de la planète, personne ne le fera à leur place.

Pour re-découvrir comment s’y prendre, on peut aller voir comment d'autres ont procédé. Grâce à Internet, l'exploration de la bibliographie syndicale d'un pays proche nous instruit considérablement.

Italie, années 1960-70. Le mouvement ouvrier, durement touché dans les décennies précédentes, se relève lentement. La C.G.I.L. (confédération générale italienne du travail – confederazione generale italiana del lavoro) engage ce qu’elle nomme « le retour en usine ».

Identifier les facteurs nocifs : conclusion provisoire

Non seulemement les communautés scientifiques élargies avaient réussi à élaborer une classification des facteurs nocifs en quatre groupes, mais elles avaient aussi compris que les éléments des quatre groupes de facteurs nocifs pouvaient se combiner, pour produire des effets non souhaités sur la santé. Sur ce schéma en italien, les combinaison des quatre facteurs produisent des accidents (infortuni) et des maladies non facilement identifiables, car hors tableau, et la combinaison des facteurs 2 et 3 génère des maladies à caractère professionnel.

Les trois autres groupes de facteurs nocifs

img_05_2e_groupe.pngSecond groupe : il comprend les facteurs caractéristiques du milieu de travail : poussières, gaz, vapeurs, fumées (par exemple poussières de silice, d’amiante, vapeurs de benzène, gaz de sulfure, de carbone, fumées d’acides), les radiations ionisantes (rayons X, isotopes, etc.), les vibrations et d’autres facteurs qui doivent être considérés dans ce groupe par rapport aux problèmes généraux qu’ils posent.

Agir pour la santé au travail : identifier les facteurs nocifs classés par groupes

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L’identification des facteurs nocifs était structuré sur un langage commun aux travailleurs et aux médecins généralistes ou du travail. Voici maintenant la grammaire de ce langage, tel qu’il est développé dans le document original de la Dispensa.

Le pouvoir d'agir des travailleurs a été confisqué, il peut être reconquis

Une seconde remarque complète la première : d’années en années, le pouvoir d’agir directement sur les causes d’atteinte à la santé a été confisqué aux travailleurs qui vivent dans le milieu de travail, par l’organisation taylorienne sans cesse modernisée. Nous sommes maintenant très loin des délégués mineurs, qui avaient le pouvoir de faire stopper la production au fond de la mine, s’ils estimaient que leurs collègues étaient soumis à des dangers réels et imminents.